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Archivo de la etiqueta: Raymond Bellour

A propósito de los planos secuencia de Goodbye South Goodbye (南國再見,南國, 1997):

“Pero una vez casi olvidadas las notas que había tomado, del montón de recuerdos que deja Goodbye South Goodbye, es la aparición de los cuerpos lo que constituye la mayor impresión de una capacidad de afección constate con la que la película juega por tantos medios distintos. Los cuerpos brotan sin cesar desde las variadas profundidades del encuadre y sus espacios laterales en off, como pegándose en la superficie de la imagen, metamorfoseándola, plegándola, coloreándola, rellenándola y de pronto vaciándola.”

Raymond Bellour, Le corps du cinéma, Paris, P.O.L., 2009, p. 263

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« J’aime aussi penser qu’à chaque film qui m’a touché, et retenu, chacun pourra substituer ceux qui lui sont singulièrement proches. »

Raymond Bellour, Le corps du cinéma, P.O.L., Paris, 2009, p. 17

« Le coupant insensé des regards qui transit tient au fait que les yeux de ces deux corps en proie à leur désir sont faits du même bleu. Un bleu métallique, à la fois transparent et insondable. Son intensité s’accroît à proportion des traits distinctifs propres aux deux visages : Montgomery Clift, le visage recomposé après son accident, au regard frappé d’une sorte de folie illocalisable. Lee Remick, les yeux trop enfoncés sous ses arcades sourcilières, qui donnent à son beau visage un air de masque, comme si toujours elle pensait ou éprouvait trop au-dedans d’elle-même.

» Cette émotion qui peut sembler une émotion de scénario et tenir à l’histoire contée est aussi, avant tout, ou après tout, une pure émotion de forme, de force, d’intensité qui surgit, passant directement du corps du film au corps du spectateur qui en reste étourdi et en conservera la marque, au fer bleu d’une expérience. »

Raymond Bellour on Elia Kazan’s Wild River (1960), in Cahiers du Cinéma, 700, May 2014, p. 64

« On oublie beaucoup, à voir des films, à travailler sur eux, c’est là quelque chose qui appartient en propre à la réalité du cinéma, et je pourrais dresser une longue liste des oublis variés qui m’ont ébranlé depuis tant d’années que j’écris sur des films et que j’en fais l’analyse. Mais jamais je n’avais connu un processus d’oubli tel que celui dont je fus la proie, durant cette soirée mémorable, face à The Curse of the Cat People. »

Raymond Bellour, « L’enfant-spectateur de The Curse of the Cat People », in Trafic 87, autumn 2013, pages 81-82