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Archivo de la etiqueta: Raúl Ruiz

« Cette histoire tourmentée m’aura permis d’atteindre mon but : rendre plausible l’idée que toute image n’est qu’image d’image ; qu’elle est traduisible à tous les codes possibles et que ce processus ne peut qu’aboutir à de nouveaux codes générateurs d’images, elles-mêmes génératrices et appétissantes. »

Raúl Ruiz, Poétique du cinéma, Dis voir, 2005, page 53

 

« Tout film, même ordinaire, est infiniment complexe. Une lecture suivant son fil narratif le rend simple – mais le film en lui-même demeure très compliqué. »

Raúl Ruiz, Poétique du cinéma, Dis Voir, 2005, page 22

 « Comme l’Amérique, le cinéma fut découvert à plusieurs reprises : une main d’homme des cavernes appliquée sur une surface claire et recouverte d’une poudre rouge et brillante, première reproduction mécanique d’images ; les simulateurs (démons aériens sémi-transparents, décrits par Hermès Trismégiste) ; les ombres, pré et post-platoniciennes ; le Golem ; le théâtre de miroirs d’Athanasius Kircher ; le brouillard des Highlands, qui reproduit plus grandes que nature les images des passants, évoqué par James Hoog dans ses Confessions d’un pêcheur justifié ; le ciel au-dessus du port de Punta Arenas au Chili où se réfléchissent des images inversées de la ville telle qu’elle écrit un demi-siècle plus tôt ; le Fantascope de Robertson ; les papillons magiques de Coney Island. Tout cela préfigure le cinéma. Au début de notre siècle, ces inventions ont convergé vers le cinéma, lequel s’est immédiatement désintégré dans l’industrie. Comme l’Amérique aussi, le développement du cinéma allait emprunter deux voies distinctes : celle de l’industrie et celle de l’utopie. »

 Raúl Ruiz, Poétique du cinéma, Dis Voir, 2005, page 71

 

« Dans le cinéma, au moins dans le cinéma narratif (et tout le cinéma l’est d’une certaine manière), c’est le type d’image qu’on produit qui détermine la narration et non le contraire. Il n’échappera à personne que cette affirmation implique que le système de production, d’invention et de réalisation des films doit être modifié radicalement. Elle veut dire aussi qu’un nouveau type de cinéma et qu’une nouvelle poétique du cinéma sont encore possibles. »

Raúl Ruiz, Poétique du cinéma, Dis Voir, 2005, page 8