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Archivos Mensuales: noviembre 2015

Il faut réfléchir au pari de Norte, la fin de l’histoire (Norte, Hangganan ng Kasaysayan, 2013) qui adapte Dostoïevski aux Philippines, aujourd’hui. Lav Diaz choisit d’approfondir dans la question du nihilisme et, pour cela, il situe son récit à “la fin de l’histoire”, que ses personnages – les « intellectuels » au moins – éprouvent à la fois comme l’oubli du passé récent des Philippines et l’absence d’un vrai projet d’émancipation, individuelle et collective. Le refus d’inscrire tout cela sous le signe de la religion explique  peut-être que Diaz n’ait pas accordé à Fabian (Sid Lucero), le Raskolnikov du film, une scène d’aveu qui mettrait un terme au récit. Au contraire, il le suit dans l’essai de se démontrer qu’il est en dessous de toute loi, ce dont malgré tout il ne réussi jamais à se convaincre. Mais la distance que le film de Diaz prend à tout moment envers ce personnage, plus pitoyable que détestable, finit par s’avérer trompeuse. Il impose au deuxième récit – celui qui développe au mieux la maîtrise du temps qui caractérise le cinéma de Diaz – une conclusion affreuse, parfaitement calculée et presque démonstrative (elle est d’ailleurs précédée du seul plan du film qui ne contribue pas à la narration : une autoroute à côté d’un village qu’on ne sait plus où situer). La clarté de l’image, les doux mouvements de caméra, la belle composition des cadres, la progression nuancée du discours et tout le jeu consistant à articuler durée et distance deviennent finalement la matière d’un nihilisme très accompli, celui du film lui-même, et à côté duquel les tourments et les actions de Fabien ne semblent être qu’un fade reflet de leur époque.

En salles depuis le 4 novembre.

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