Vers l’autre rive (Kiyoshi Kurosawa, 2014)

Vers l’autre rive (岸辺の旅, Kishibe no Tabi, 2014) est un film d’apparence simple. La résolution de l’intrigue est annoncée dès les premières séquences, au moment où se scelle le sort des personnages : la femme, Mizuki (Eri Fukatsu), doit faire le deuil de son mari, Yusuke (Tadanobu Asano). Le parcours qui commence après leurs retrouvailles dévoile toute la puissance du film, précisément en ce qu’on pourrait considérer à tort comme une démarche rigide, prévisible ou schématique. Le couple visite des villages du Japon et à chaque endroit ils découvrent chez leurs hôtes la même douleur du passé qui hante leur relation. Chacun des actes reproduit à peu près la même réconciliation dans le deuil, en simplifiant au maximum la complexité des décors et les artifices visuels (des changements de lumière qui ne cherchent pas à se cacher). La scène dans la forêt est la plus dépouillée et la plus parfaite dans ce sens. Sur un décor naturel mais aussi parfaitement théâtral, nous découvrons que la forme la plus monstrueuse (contre laquelle Yusuke nous a mis en garde) que peut adopter un revenant hors contrôle, c’est sa propre forme humaine en proie à ses sentiments. Le génie du film nous donne à ressentir, à l’intérieur d’un cadre sans surprise ni mystère apparent, que l’affirmation de la vie tient compagnie au passage des fantômes. Vivement La femme de la plaque argentique !

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