Sud Eau Nord Déplacer (Antoine Boutet, 2014)

Sud Eau Nord Déplacer (Antoine Boutet, 2014) ne se précipite pas vers la source. Ce film propose une approche de la géographie chinoise qui montre l’immensité des paysages sans effacer la diversité des points de vue. C’est rassurant d’y entendre des discours plus ou moins désespérés, mais qui donnent de l’espoir en questionnant l’image trop répandue de la Chine monolithique. On perçoit au cours du film un déplacement du silence à la parole : les grandes paysages, au début accompagnés du travail monumental des machines, cèdent peu à peu la place aux récits singuliers. Certaines voix approuvent le grand projet du transfert d’eau du sud au nord (南水北调工程, nánshuǐ běidiào gōngchéng), d’autres s’y opposent et rendent compte de la souffrance qu’il produit. Vers la fin du film, lorsqu’on remonte à la source du Yangzi, le film nous offre une parole qu’on n’entend pas, mais qu’on peut lire sous forme de sous-titres. Le réalisateur, dans la discussion qui a suivi la projection du film à l’Espace Saint-Michel, le 29 janvier, a expliqué que ce texte est composé de plusieurs témoignages recueillis au Tibet. Ainsi retrouve-t-on l’ampleur du début, cette fois-ci dans les montagnes enneigées traversées par des milliers de drapeaux de prières.

Au cinéma depuis le 28 janvier 2015

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