Phoenix (Christian Petzold, 2014)

PHOENIX  2013

Quelques secondes après la scène ci-dessus, Lene (Nina Kunzendorf) parle de l’opération subie par Nelly (Nina Hoss, le visage des films de Petzold depuis Rencontres dangereuses [Toter Mann, 2002]). Un lapsus lui fait dire qu’il s’agit d’une « reconstruction » (Rekonstruktion), alors qu’elle voulait dire une « Wiederherstellung ». La nuance semble difficile à traduire : Lene se justifie en expliquant que ce mot avait été employé par le chirurgien, dont l’approche de son patient s’est avérée strictement technique, n’ayant pas besoin de comprendre les raisons pour lesquelles Lene souhaite devenir la même qu’elle était avant l’expérience des camps. Ce retour est attendu par elle comme une guérison, comme un Wiederherstellen. J’ai cru apercevoir quelque chose de l’ordre de ce lapsus dans Phoenix lui-même, le dernier film de Christian Petzold, qui crédite Harun Farocki comme coscénariste. J’ignore si le film finit par faire tomber le masque, mais il est sûr qu’il peine un peu à se défaire d’un souci de reconstruction dont Barbara (2012), l’exemple le plus proche, se débarrassait très vite. Je ne dévoile rien de l’argument en disant que, vers la dernière partie du film, lorsque l’avenir devient lui-même une reconstruction, une forme de passé, on retrouve enfin, dans l’argument aussi bien que dans la mise en scène, la trempe énigmatique qui a fait de Petzold un réalisateur incontournable.

En salles depuis le 29 janvier 2015

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