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Archivos Mensuales: enero 2015

PHOENIX  2013

Quelques secondes après la scène ci-dessus, Lene (Nina Kunzendorf) parle de l’opération subie par Nelly (Nina Hoss, le visage des films de Petzold depuis Rencontres dangereuses [Toter Mann, 2002]). Un lapsus lui fait dire qu’il s’agit d’une « reconstruction » (Rekonstruktion), alors qu’elle voulait dire une « Wiederherstellung ». La nuance semble difficile à traduire : Lene se justifie en expliquant que ce mot avait été employé par le chirurgien, dont l’approche de son patient s’est avérée strictement technique, n’ayant pas besoin de comprendre les raisons pour lesquelles Lene souhaite devenir la même qu’elle était avant l’expérience des camps. Ce retour est attendu par elle comme une guérison, comme un Wiederherstellen. J’ai cru apercevoir quelque chose de l’ordre de ce lapsus dans Phoenix lui-même, le dernier film de Christian Petzold, qui crédite Harun Farocki comme coscénariste. J’ignore si le film finit par faire tomber le masque, mais il est sûr qu’il peine un peu à se défaire d’un souci de reconstruction dont Barbara (2012), l’exemple le plus proche, se débarrassait très vite. Je ne dévoile rien de l’argument en disant que, vers la dernière partie du film, lorsque l’avenir devient lui-même une reconstruction, une forme de passé, on retrouve enfin, dans l’argument aussi bien que dans la mise en scène, la trempe énigmatique qui a fait de Petzold un réalisateur incontournable.

En salles depuis le 29 janvier 2015

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 “Si el cine sobrevive, entre paréntesis y en permanente mutación, reservando sus fuerzas para poder desplegarlas en tiempos mejores, por si llegaran, por si volvieran, es gracias, muy principalmente, a Godard. Él mantiene vivo el fuego y con él ilumina a quién aún quiera ver más y mejor de lo que los ojos permiten, más allá y a través de las más tupidas y abrumadoramente engañosas apariencias sensibles […]”

Miguel Marías, “Todavía Godard”, in Paulino Viota: Jean-Luc Cinéma Godard, Fundación Marcelino Botín, 2004, page 8

 

Quizás tan sólo porque ya esta hecha, he decidido publicar otra lista con algunas de las películas que me gustaron el año pasado. Esta lista viene comentada y se refiere, sobre todo, a títulos recientes. Había intentado enviarla a una prestigiosa revista (de ahí que esté en inglés) y, supongo que por falta de credenciales, al final no me la han publicado. La pongo ahora aquí – no me cuesta nada – sin añadirle más modificación que las imágenes que la acompañan.


The year started with Jean-Charles Fitoussi‘s retrospective at the Cinémathèque Française. Most of his films are a miracle and watching the rare Je ne suis pas morte (I Did Not Die, 2008) was one of the best moments of my year.

Fotograma de Je ne suis pas morte, de Jean-Charles Fitoussi

Fotograma de Je ne suis pas morte (2008), de Jean-Charles Fitoussi

I also won’t forget director Betrand Bonello becoming a fiction in these three films:

– Saint Laurent (2014), by B. B. himself

– Le dos rouge (2014), by Antoine Barraud, author of another very interesting film released early this year, Les gouffres (The Sinkholes, 2012)

– Où en êtes-vous, Betrand Bonello ? (2014), by B. B. shown at his exhibition at the Centre Pompidou.

Fotograma de Le dos rouge (2014), de Antoine Barraud

Fotograma de Le dos rouge (2014), de Antoine Barraud

At the Pompidou as well, a retrospective of Wang Bing premiered two of the most important films of the year:

– Feng ai (‘Til madness do us part, 2013)

– San zimei (Three sisters, 2012)

There were at least five great films dealing with academic issues this year:

– At Berkeley (Frederick Wiseman, 2013)

– Student (Darezhan Omirbaev, 2012), and another great Kazakh film by Emir Baighazin, Uroki garmonii (Harmony Lessons, 2013)

Haganenet (The Kindergarten Teacher, Nadav Lapid, 2014)

– U ri Sunhi (Our Sunhi, Hong Sang-soo, 2013)

Fotograma de Studen (2013)

Fotograma de Student (2012), de Darezhan Ormibaev

I remember five wonderful films on memory and landscapes:

– Mille soleils (A Thousand Suns, Mati Diop, 2013)

– Maps to the Stars (David Cronenberg, 2014)

– Jauja (Lisandro Alonso, 2014)

– Clouds of Sils-Maria (Olivier Assayas, 2014)

– Mercuriales (Virgil Vernier, 2014)

Two untranslatable French titles:

– P’tit Quinquin (Bruno Dumont, 2014)

– Mange tes morts – Tu ne diras point (Jean-Charles Hue, 2014)

And six multidimensional approaches to language, animals and otherness:

Adieu au langage (Goodbye to language, Jean-Luc Godard, 2014)

Jiao you (Stray Dogs, Tsai Ming-liang, 2013)

Under the Skin (Jonathan Glazer, 2013)

Das merkwürdige Kätchen (The Strange Little Cat, Ramon Zürcher, 2013)

Di renjie: Shen du long wang (Young Detective Dee : Rise of Sea Dragon, Tsui Hark, 2013)

Le paradis (Alain Cavalier, 2014)

There were two wonderful anthologies:

Cavalier express: eight films by Alain Cavalier

Pan pleure pas: three films by Gabriel Abrantes [el vídeo muestra un extracto de Liberdade (2011):]

Two wonderfully staged posthumous revenges:

Aimer, boire et chanter (Life of Riley, Alain Resnais, 2014)

A vingança de uma mulher (A Woman’s Revenge, Rita Azevedo Gomes, 2012)

Fotograma de Aimer, boire et chanter (2014), de Alain Resnais

Fotograma de Aimer, boire et chanter (2014), de Alain Resnais

And an unexpected masterpiece: Love is Strange (Ira Sachs, 2014)


« Je ne parviens pas à saisir le présent, mais je sais qu’il faut le capter comme l’a fait Ozu. »

Hou Hsiao-hsien, quoted by Shiguehiko Hasumi in “Nostalgie du présent”, in Hou Hsiao-hsien, Cahiers du cinéma, “Auteurs”, 1998, page 49