« En tournant L’Enfance nue, je pensais au Goûter de Bébé. Lumière filmait-il la réalité ? Je ne le pense pas. Dans ses films, des hommes et des femmes captés par un appareil dont ils ne connaissaient rien, cédaient un instant de leur vie et depuis lors tous les comédiens ont fait de même. Sur le plan du fantastique, Lumière dépasse Méliès. Ces gens, sans le savoir, regardent leur vie. Tout le cinéma est là, dans ce vol de l’existence, dans cette exorcisation de la mort. Ce cinéma est onirique. Les sorties des usines Lumière rejettent au loin les fades ébauches d’un Fellini. Cette esthétique donne la définition du cinéma : une alchimie, une transformation du sordide en merveilleux, du commun en exceptionnel, du sujet filmé en instant de mort. Voilà ce qu’est pour moi le réalisme. »

Maurice Pialat, quoted by Pascal Mérigeau in Pialat, Ramsay Poche Cinéma, 2007, pages 62-63

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