Léviathan (Andreï Zviaguintsev, 2014)

Malgré le programme ambitieux qu’annonce son titre, Léviathan (Левиафан, 2014) d’Andreï Zviaguintsev reste un film assez équilibré et très puissant. Il réussit à articuler deux aspects apparemment opposés : d’un côté la récurrence d’un récit d’une portée universelle, où tout est programmé et fatal, ce qui va très bien avec le style du film, lui-même très défini, ferme, imposant et penché vers la monumentalité (les paysages, les plan ouverts, les nombreux travellings, etc.). D’un autre côté, l’enjeu politique immédiat et, autour des personnages de Lilya (Elena Lyadova) et de Dimitri (Vladimir Vdovichenkov), une certaine suspension et une faiblesse qui introduisent pour un instant l’espoir – le mari, Nikolaï (Alekseï Serebryakov), étant aussi bien un résistant qu’un oppresseur –. Entre la force et la faiblesse, la touche d’ironie qui nuance cette tension confirme la force dérangeante du film. Dans la très belle séquence du tir à la kalachnikov, l’autocensure se met au service de la mordacité : l’ami policier assure avoir les portraits des présidents de l’après-URSS, mais il ne les a pas apportés car, dit-il, « il nous manque la distance historique ».

Sortie le 24 septembre 2014

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