Clouds of Sils Maria (Olivier Assayas, 2014)

Ce blog ne peut ne pas parler des nuages du dernier film d’Olivier Assayas, Clouds of Sils Maria (2014). Parmi ces nuages, on choisira les fondus au noir, particulier « serpent de Maloja » du film. Ceux-ci marquent d’un ton suspendu les ellipses souvent tranchantes d’Assayas, qui préfère toujours commencer au milieu de l’action et l’abandonner avant qu’elle ne soit finie. Ces nuages ne sont pas seulement des transitions, comme le montre le long fondu enchaîné de Valentine (Kristen Stewart) au volant sur une route elle-même serpentante. Les nuages configurent une sorte de trucage qui brouille les repères, aussi bien dans le temps que dans l’espace. Ainsi Maria Enders (Juliette Binoche) pourra-t-elle croire que Siegred et Helena sont le même personnage, ou bien qu’elle a été, comme actrice et comme personne, l’une et l’autre. Et nous croirions peut-être aussi que Juliette Binoche a quelque chose à voir avec Maria Enders. Les rôles et les lieux se confondent: on retourne deux fois à l’endroit ou Wilhelm, l’écrivain du texte du film, a été retrouvé mort, et malgré tout on s’y perd. De même, le film qui hante tout le film, Das Wolkenphänomen von Maloja (Arnold Franck, 1924), se projette d’abord sur notre écran, ensuite sur un téléviseur et finalement sur le rideau d’un théâtre à Londres. La superposition serait peut-être l’objet du film, mais une superposition qui brouille les nombreuses couches qui s’y accumulent. La « part two » du film (qui n’a pas de « part one ») corresponde-t-elle simplement à l’acte II du drame que les actrices répètent à ce moment ? Non, mais ils se superposent. Et l’épilogue – qui contient une sorte de didascalie : « London, a few weeks later » -, à quel personnage, à quelle image ou à quel nuage se superpose-t-il ?

Sortie le 20 août 2014

Voici le film d’Arnold Franck sur le « serpent de Maloja » :

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