Detective Dee II: La légende du dragon des mers (Tsui Hark, 2013)

Deuxième volet de ce qui deviendra peut-être une série de films autour de la figure de Di Renjie, Detective Dee II: La légende du dragon des mers (狄仁傑之神都龍王, Di renjie: Shen du long wang, de Tsui Hark, 2013) se situe en 665, sous le royaume de Tang Gaozhong, empereur souffrant, peu avant la « période de domination féminine ». Nous assistons à l’ascension au pouvoir de Wu Zetian (Carina Lau), sa femme et la seule impératrice de l’histoire de Chine, et à la confirmation des capacités d’enquête du Detective Dee (Mark Chao) – d’ailleurs, un peu plus maladroit avec l’épée qu’il ne le sera 25 années plus tard, interprété par Andy Lau, dans Detective Dee: Le mystère de la flamme fantôme (狄仁傑之通天帝國, Di Renjie: Tong tian di guo, 2010). Peut-être que derrière cette 3D très bien utilisée – surtout lorsqu’elle sert à superposer à l’image en relief une couche supplémentaire avec des histoires, des visions ou des traces perçues par Dee – se cache aussi la possibilité d’une lecture géopolitique ? Laquelle ferait de l’île des chauve-souris une version des Diaoyu (ou Senkaku), et du Royaume de Fuyu l’ancêtre d’un certain Japon ? Peut-être. Et cela sans oublier que la faveur que Dee accorde à l’Impératrice est, dans les deux films, d’ordre pragmatique : un pacte, et même un « commerce » avec elle, plutôt qu’une loyauté inconditionnelle. Dans ce sens, on prendra note de la façon dont un des ennemis de Dee le décrit : comme « l’homme haï des Dieux et des fantômes ». On pourra également relire ces réflexions de Stephen Teo à propos de la pauvre image des étrangers que donnent les films de Tsui Hark : « Tsui Hark is never interested in defending a mythic or homogeneous image of China, or even one of China as a victim. Instead, this is a China that is often riven by internal disparities […]. Thus, Tsui Hark’s films make a diagnosis of nationalism, but at the same time, he uses the icons, appearances, and forms that are conventionally identified […] as Chinese, in order to integrate them into a mise-en-scène that is entertaining to outsiders. All contemporary Chinese are also outisders to, and voyeurs of, this earlier Chineseness. As a Chinese born in Vientnam, Tsui Hark is the most consistent director of the New Wave to acknowledge such “Chineseness” as an intrinsic quality of Hong Kong cinema. » (« Tsui Hark: National Style and Polemic » in Ester C. M. Yau (Éd.) : At Full Speed. Hong Kong Cinema in a Borderless World, Minneapolis : University of Minnesota Press, 2001, p. 153)

Sortie le 6 août 2014

P.-S. : Doit-on comprendre l’histoire du monstre comme ayant lieu quelque part entre Dracula et Green Snake (青蛇, Ching se, 1993) ?

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