Bonjour (1959), de Yasujirô Ozu

J’ai l’impression que les dynamiques du comique, très importantes chez Ozu, sont un problème difficile à résoudre pour les approches formalistes de son cinéma. Les films d’Ozu ressemblent très peu les uns aux autres (malgré l’opinion contraire, encore trop répandue), mais une certaine humeur les traverse avec la même rigueur que les ressources les plus visibles de la mise en scène. Cela n’empêche pas de méditer, en regardant Bonjour (お早う, Ohayô, 1959), sur cette proposition de Shuighéhiko Hasumi: “Voir un film d’Ozu est une expérience si cruelle et si intense que chaque seconde est vécue comme un présent infini.” (Shiguéhiko Hasumi, Yasujirô Ozu, Cahiers du cinéma, 1998, « Collection “Auteurs” », p. 18). La tension s’exerce ici, d’abord, comme résistance au stéréotype, Ozu lui-même étant, comme le rappelle Hasumi, “le moins japonais des cinéastes” (ibid., p. 9). Derrière le slogan qui affirmerait le contraire (“Ozu est le plus japonais des cinéastes nippons”) se cache, peut-être, une timidité semblable à celle du professeur d’anglais (Keiji Sada) qui, devant la femme qu’il aime (Yoshiko Kuga), ne sait parler que du temps, de l’air et des nuages qui passent.

En salles depuis le 30 avril 2014.

Sur mubi.fr depuis le 14 mai 2014.

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