Fin d’automne (1960), de Yasujirô Ozu

 

On pourra s’amuser à regarder Fin d’automne (秋日和, Akibiyori, 1960) comme une exception à ce qu’on reconnaît, toujours très vite, comme le style d’Ozu. On cherchera des irrégularités, par exemple dans ces deux moments où les ruelles qui, en général, fonctionnent comme des images vides, deviennent des lieux d’action : traversées par Ayako (Setsuko Hara) et par Mamiya (Shin Saburi), respectivement. Mais à bien regarder les plans en apparence les plus typiques du film, on ne saura plus s’il s’agit vraiment d’un film d’Ozu, comme l’indique Shiguéhiko Hasumi, dans Yasujirô Ozu (Cahiers du cinéma, 1998, « Collection “Auteurs” »): «Ce qui est ozuien est un jeu qui devient possible après avoir éliminé l’image, jeu sans aucun rapport avec le cinéma. […] S’il arrive si souvent que les gens les qualifient [ces films] d’ozuiens, c’est justement parce qu’il refusent de regarder.»(pp. 17-18) Ozu, comme n’importe quel cinéaste, perd tout lorsque son œuvre “peut se résumer à quelques éléments“. Lorsque le montage de trois plans successifs (un pont la nuit, le reflet de l’eau sur un mur intérieur et ce même reflet vu d’un peu plus loin) se répète au début et à la fin du film, s’agit-il rigoureusement du même montage ? Et les deux images en contre-champ filmées depuis la terrasse du bureau d’Ayako, indiscernables dans leur indifférence même (elles ne montrent que des camions et un train qui passe), relèvent-elles seulement du domaine de la répétition rituelle et aplatie ?

En salles le 30 avril 2014.

Sur Mubi.fr à partir du 29 mai 2014.

Anuncios

Los comentarios están cerrados.