Métabolisme ou Quand le soir tombe sur Bucarest (2013), de Corneliu Porumboiu

RepetitiePaul (Bogdan Dumitrache), le réalisateur protagoniste de Métabolisme ou Quand le soir tombe sur Bucarest (Când se lasa seara peste Bucuresti sau metabolism, 2013), énonce dès le premier plan-séquence la contrainte formelle à laquelle va se plier le film qu’on voit : tourné en 35mm, les limitations matérielles empêcheront le cinéaste de prolonger les scènes au-delà de leur juste durée, qui est aussi celle d’un épuisement idéal de la pellicule. La référence du film qu’on tourne au film qu’on voit est explicite, mais reste suspendue du fait que Paul hésite sur ce qu’il en train de faire. Paradoxalement, c’est son indécision qui conduit au moment le plus caricatural de cette auto-référence, dans la seule scène où le réalisateur prend la place de son actrice, au moment où il sort de la douche et entend Alina (Diana Avramut) parler au téléphone. Il refait à ce moment les gestes qu’il a répétés avec elle dans une des séquences les plus intéressantes du film. Si on a pu rapprocher le film de Porumboiu du travail de Hong Sang-soo (le cinéaste roumain se prête lui-même à cette comparaison), il faut rappeler que Hong empêche systématiquement la consolidation d’une telle démarche auto-référentielle, au moyen de stratégies bien différentes à celles de Métabolisme. Certes, la belle séquence de nuit à l’extérieur, lorsque Alina décide de prendre un taxi pour rentrer sans Paul, rappelle une scène typique de Hong. Mais du point de vue poétique, c’est plutôt la digression introduite par le seul travelling du film (celui de l’endoscopie, qui rappellerait peut-être aussi les déplacements en voiture) qui fait signe, entre le film filmé et le film qu’on voit, vers un dérèglement de l’ensemble.

En salles depuis le 16 avril 2014.

Et voici la très belle chanson du générique de fin, Cristina de Maria Raducanu :

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(En español: sobre Hong Sang-soo he publicado algunos apuntes en El Cuaderno 50)

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