Le bourreau (1963), de Luis García Berlanga

Le bourreau (El verdugo) est un film à l’humeur intraduisible mais qui frôle l’universel, si quelque chose de ce genre se donne au cinéma. Le film démarre comme une comédie sombre et finit sous le soleil de la Méditerranée et au son d’un twist, mais dans l’angoisse la plus dépouillée qui soit. Le contraste est frappant, mais juste. De ce calvaire du bourreau, on retient les contresens du parcours, qui constituent d’ailleurs la signature la plus caractéristique du cinéma de Berlanga : les plans-séquences, les sophistiquées chorégraphies de la caméra, les allers et retours des personnages… Parcours dont le paradigme est le cortège funèbre (ou le chemin de l’autel, qui revient presque au même). A noter la parfaite impertinence des situations qui rendent compte de la collaboration avec le scénariste Rafael Azcona (qui a également travaillé, entre autres, avec Marco Ferreri ou Carlos Saura). On raconte souvent une anecdote: Franco aurait répondu de cette manière à ceux qui disaient que Berlanga était un communiste: “C’est encore pire, il est un mauvais espagnol”. Il faudrait prendre ces mots littéralement.

Au Champo depuis le 9 avril 2014.

Comme complément de programme, on pourra voir Queridísimos verdugos (1977, titre international: Dearest executioners) de Basilio Martín Patino. Et pour mieux comprendre la particularité du garrote vil, le dernier film de Berlanga, El sueño de la maestra (2002) (minute 4:40) qui reprend une scène censurée d’un autre film très important, Bienvenu, Monsieur Marshall (Bienvenido Mister Marshall, 1953).

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