L’étrange petit chat (2013), de Ramon Zürcher

L’étrange petit chat(Das merkwürdige Kätzchen, 2013) est un film d’intérieur (malgré quelques excursions très contrôlées) qui menace tout le temps de pencher vers le fantastique, bien qu’il ne soit, au fond, que la chronique, assez fidèle, d’une rencontre de famille très normale, du matin au soir. Dans un espace et un temps très marqués par la routine du jour, où chaque personnage a des fonctions très précises, des positions qui le caractérisent et des gestes qui deviennent vite typiques, tout un système de correspondances insolites s’établit : entre une balle et un rat, entre un chat et un oignon ou entre une saucisse et une bouteille. À cette mécanique s’ajoute ce qui vient interrompre occasionnellement les actions ou les discours (un mot, un geste, un bruit ou les trous du temps lui-même). Mais on ne saurait pas dire si ces interruptions montrent les fissures du système, l’impossibilité de coordonner harmoniquement tous ses éléments, ou si plutôt elles confirment son bon fonctionnement. L’image la plus belle de ce déséquilibre maîtrisé, c’est le chat qui, de temps en temps, s’approprie d’un bond les plans vides. Ce génie de l’off est peut-être aussi le maître de tous les sons, dont l’importance n’est pas sans rappeler un autre film vu récemment, Les bruits de Recife (O Som au Redor, 2012, de Kleber Mendonça Filho), qui mettait l’accent plutôt sur l’imminence du dehors.

En salles depuis le 2 avril 2014

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